02 Mai 2018

Le puits Morandat : de friche minière à pôle d’activité précurseur

Au-dessus d’un ancien puits de charbon, la ville de Gardanne (13) et la Société d’économie mixte de Gardanne et sa région (SEMAG) travaillent à la création d’un pôle économique, culturel et énergétique majeur de l’aire métropolitaine. S’y construit actuellement le premier réseau d’énergie français basé sur les eaux d’ennoyage d’une mine. À terme, les ressources renouvelables devraient contribuer à l’alimentation du site à hauteur de 85 %.
 
Mis en exploitation en 1987 et fermé en 2003, le puits Yvon- Morandat est le plus grand puits minier d’Europe. En raison de son poids dans la construction culturelle et sociale du bassin de Gardanne, il constitue un lieu emblématique. Afin de lui donner une deuxième vie, la ville de Gardanne a souhaité développer un pôle économique, culturel et énergétique.

Ambition affichée : accueillir plus de 1 000 emplois grâce à l’implantation d’entreprises innovantes, engagées dans une démarche d’économies sociale et solidaire, soit autant que le nombre de mineurs à la fermeture du site en 2003. Aux commandes du projet, la Société d’économie mixte de Gardanne et sa région assure actuellement la commercialisation de l’offre foncière et immobilière. Cette dernière porte sur une surface de 80 000 m2, partagée entre constructions nouvelles et réhabilitation de bâtiments existants. Le pôle accueillera aussi le « puits de sciences », un centre de culture scientifique, technologique et industrielle. Les rencontres, le développement de l’esprit critique et l’apprentissage interactif entre grand public et entreprises en seront les piliers.

Premier volet du projet destiné à être concrétisé à l’été 2018 : le réseau d’énergie qui n’a aujourd’hui pas d’équivalent en France. Il repose sur l’utilisation comme source géothermique des eaux d’ennoyage – une réserve souterraine de 35 millions de m2 formée par les anciennes galeries de la mine.
 

Un réseau innovant, intelligent et communicant

Le réseau alimentera en chaud et en froid les bâtiments du pôle d’activités. Il sera exploité par Energie Solidaire, une filiale de la SEMAG (76 %) et de Dalkia (24 %), elle-même filiale du groupe EDF.
Pour Dalkia, retenue dans le cadre d’un appel à candidatures, le statut de copropriétaire exploitant d’un dispositif de production d’énergie est une nouveauté. Aux yeux des promoteurs du projet, il s’agit d’un modèle exemplaire du point de vue de l’intérêt général. En effet, le futur réseau sera privé, puisque son exploitation et sa maintenance seront sans impact sur les finances publiques. Toutefois, la ville de Gardanne disposera, via la SEMAG, d’un pouvoir de contrôle sur sa gouvernance.

Exemplaire, la solution énergétique l’est également par la variété des techniques employées. Outre l’exploitation des eaux de la mine, le stockage thermique et électrochimique, l’autoconsommation d’électricité photovoltaïque et les énergies fatales produites par les industriels locaux seront mobilisés. « Grâce à un système de pilotage intelligent, l’installation pourra s’adapter au profil de chaque utilisateur, précise Serge Burtin, directeur régional Méditerranée de Dalkia. Elle favorisera ainsi la mutualisation des besoins énergétiques entre les bâtiments, si bien que le bilan ENR global sera proche de 85 % ! »
« Ce projet témoigne d’un grand savoir-faire en matière de solutions innovantes, répondant aux besoins des territoires dans le cadre de la transition énergétique et numérique », résume Nadège Tissier, directrice de développement territorial chez EDF. La viabilité économique du modèle de reconversion du puits Morandat pourrait faire des émules dans d’autres lieux…

 
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