15 déc 2017

« La valorisation énergétique est un facteur de cohésion et de dynamisme pour les collectivités. »

Jean-Pierre Frémont,
Directeur Collectivités d'EDF

Les collectivités font preuve d’un intérêt grandissant pour la valorisation de leurs ressources énergétiques. Quelles sont leurs motivations ?

En matière énergétique, les territoires sont confrontés à des enjeux multiples. La part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique total est aux alentours de 9,4 %, avec une prédominance du bois-énergie et de l’hydraulique (64,7 %). Il y a bien sûr le défi climatique, avec la nécessité de promouvoir les usages décarbonés, notamment pour le transport et la chaleur. Il y a également les dimensions économiques et de sécurité de l’approvisionnement énergétique. Enfin, la valorisation énergétique des ressources s’affirme comme un facteur d’attractivité territoriale et de dynamisme. Objet d’un modèle très centralisé il y a encore quelques années, l’énergie est aussi devenue un sujet local qui doit conjuguer des solutions régionales et nationales. La production locale d’énergie apparaît comme un moyen de favoriser la sécurité d’approvisionnement, la stabilité du prix de l’énergie, et contribue à l’autonomie énergétique des territoires. Ce, d’autant plus que les évolutions concernant la gouvernance des questions énergétiques leur confèrent des moyens renforcés.
De nouvelles solutions voient le jour pour développer l’économie circulaire.

Quels sont les bénéfices associés à la valorisation énergétique ?

L’économie circulaire est un concept qui vise à repenser nos modes de production et de consommation en vue d’optimiser l’usage des ressources naturelles et de limiter, voire idéalement de valoriser, les déchets produits. Concrètement, il s’agit de trouver des solutions afin de réemployer les matières utilisées pour fabriquer des produits lorsqu’elles sont en fin de vie. La loi sur la transition énergétique et la croissance verte, qui fixe les grands objectifs du nouveau modèle énergétique français, place l’économie circulaire au cœur de ses enjeux. Parmi les objectifs affichés figure notamment le développement des filières de valorisation énergétique des déchets. Par exemple, avec TIRU, filiale de Dalkia, l’énergie issue de la combustion des déchets ménagers a été utilisée pour chauffer une éco-serre agricole.
Bien sûr, la récupération d’énergie perdue, fatale, provenant souvent de la chaleur, fait partie des modes courants d’économie circulaire. Récupération de chaleur de data center, de chaleur industrielle, les exemples sont nombreux et nous avons développé des compétences pour les identifier.

Comment le groupe EDF intervient-il auprès des territoires qui souhaitent déterminer leur potentiel en matière d’économie circulaire ?

La principale valeur ajoutée du Groupe réside dans la capacité à dégager, dans des délais relativement courts, un panorama global des gisements susceptibles d’être exploités sur un périmètre géographique donné. Et cela, à l’échelle des principales ressources valorisables : la matière, la chaleur et le froid issus des process industriels, les déchets organiques.
 
Dans le premier cas, pour développer une stratégie de valorisation énergétique, nous recensons les besoins des entreprises et nous regardons si les déchets qui sortent d’une usine peuvent être utilisés par ailleurs, ou bien si certains acteurs ont la possibilité de se regrouper pour acheter les matières qui font tourner leurs installations. S’agissant du chaud et du froid, nos équipes savent évaluer l’adéquation des besoins thermiques entre deux entités, mais aussi concevoir, construire et exploiter le réseau qui servira à transporter les flux.
 
Enfin, concernant les déchets organiques, l’intérêt vient, pour partie, de la diversité des points d’émission, et donc des partenaires pouvant être mobilisés autour de la valorisation énergétique : monde agricole, acteurs de l’agroalimentaire ou du traitement des déchets ménagers, stations d’épuration, etc. En mutualisant leurs ressources, on obtient une énergie renouvelable appelée le biogaz qui, une fois épurée, présente les mêmes caractéristiques et modalités d’usage que le gaz de ville. Sur l’ensemble de ces champs, nous aidons nos clients à cibler les actions les plus pertinentes en fonction de leurs attentes.

De manière générale, quelles sont les conditions requises pour la valorisation énergétique des ressources locales ?

Pour la valorisation énergétique des ressources d’un territoire, la coordination des actions et des compétences constitue un sujet prioritaire. Échelon pertinent en matière de stratégie énergétique, la région peut accompagner ou prescrire la production locale d’énergie – dont la mise en œuvre opérationnelle sera ensuite assurée par les intercommunalités ou des opérateurs privés. La loi permet ainsi aux communes et à leurs groupements de créer des réseaux de chaleur et de froid.
Sur le plan de l’expertise technique, les territoires ont besoin de se tourner vers des partenaires bien informés de leurs spécificités : besoins énergétiques, contraintes d’investissement, impératifs de rentabilité, etc. L’expérience du groupe EDF lui permet de répondre aux besoins des acteurs, tant publics que privés, et trouve ici un terrain d’expression privilégié !


Pour aller plus loin :

Pour en savoir plus sur les solutions de production locale d’énergie EDF Collectivités :

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