02 oct 2017

La Métropole européenne de Lille industrialise des solutions smart grids

Lauréat de l’appel à projets « Systèmes électriques intelligents » lancé par l’ADEME dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, le projet So Mel, So Connected porté par la Métropole européenne de Lille (MEL) a débuté le 2 janvier 2017 et durera quatre ans. EDF fait partie du consortium d’entreprises et d’acteurs académiques, constitué par la MEL pour coconstruire et participer de façon partenariale à la mise en oeuvre de ce projet. Celui-ci doit servir à démontrer la possibilité de produire et d’utiliser de manière optimisée de l’énergie, à l’échelle locale, en mobilisant de manière intelligente et dynamique les capacités du réseau électrique. Damien Castelain, président de la MEL, et Mathias Povse, directeur Commerce Nord-Ouest chez EDF, passent en revue les principaux enjeux.
 
Comment se justifie votre engagement dans le projet So Mel, So Connected ?
Damien Castelain : So Mel, So Connected est l’expression d’une volonté : celle de mettre la dimension énergétique au cœur des projets urbains et de la vie en général.
Aujourd’hui, nous dépendons à plus de 95 % d’énergies produites en dehors de notre métropole, le plus souvent à partir de sources fossiles, ce, notamment pour le transport et le chauffage. Relocaliser une partie de la production à partir des énergies renouvelables dont nous disposons représente un enjeu fort au plan environnemental et financier, mais aussi un levier important pour la création d’emplois.
Mathias Povse :  EDF met son expertise de la transition énergétique au service des collectivités. L’entreprise met pour cela son expertise nationale et internationale au service de la performance locale des territoires.
C’est vrai, par exemple, dans les domaines de l’intégration des énergies renouvelables, des nouveaux usages ou des synergies, avec les systèmes énergétiques locaux. Par ailleurs, ce qu’on appelle le transfert des usages – avec notamment l’essor de la mobilité électrique – a un impact direct sur l’énergéticien que nous sommes. EDF est active dans les mutations engagées et participe à la transition énergétique.
 
Sur quels cas d’usage EDF et ses filiales vont-elles apporter leur savoir-faire à la MEL ?
M. P. : Nous allons intervenir sur les quatre principaux thèmes inscrits au programme de So Mel, So Connected, avec à chaque fois la même ambition : définir un modèle économique et la chaîne de valeur associée.
Concrètement, il s’agit d’abord de faciliter l’insertion des véhicules électriques en milieu urbain dense. Le coup d’envoi de ce volet a été donné, en juin, avec l’installation de bornes de recharge couplées à des ombrières photovoltaïques sur le parking relais Saint- Philibert, à Lille. Le deuxième thème porte sur l’exploitation de flexibilités et du potentiel énergétique local, dans une logique d’économie circulaire. L’hybridation des réseaux à cette échelle, c’est-à-dire l’optimisation des flux de mobilité, des flux d’eau, des flux de chaleur et d’électricité avec des outils numériques, est une première en Europe. À titre d’exemple, notre filiale Dalkia va participer à un projet de récupération- valorisation de la chaleur issue des installations frigorifiques d’un hypermarché à Lomme.
D. C. : Dans nos domaines de collaboration figure également la promotion de l’autoconsommation photovoltaïque auprès des industriels, en travaillant notamment sur la flexibilité de la demande. Enfin, nous allons expérimenter des approches mixant planification énergétique et cohésion sociale. L’un des enjeux est de s’appuyer sur le déploiement du compteur Linky par Enedis dans plus de 100 logements, en proposant avec EDF des solutions numériques pour tester de nouveaux services et s’assurer que la baisse des consommations espérée est bien réelle.
 
À quoi pourraient ressembler les nouveaux produits ou services résultant de So Mel, So Connected ?
M. P. : La réflexion est assez avancée s’agissant de la mobilité électrique. Les clients n’ayant pas toujours le temps – ni le besoin – d’une charge complète, on peut imaginer une tarification variable en fonction de la durée d’utilisation de la borne. Avec, par exemple, un niveau minimal de charge garanti, moyennant un niveau de prix optimal.
Si l’on se place du point de vue des collectivités, ce sont peut-être les solutions permettant de gérer et d’optimiser les infrastructures de recharge en intégrant les différents moyens de transport public – tramway, bus, train… – qui suscitent le plus d’attentes. L’objectif est de concevoir et de mettre à disposition de nouveaux outils au service de la politique de mobilité des métropoles.
D. C. : De manière générale, So Mel, So Connected vise à développer à grande échelle des solutions smart grids créatrices de valeur ajoutée pour l’ensemble des usagers, qu’ils soient particuliers, collectivités, aménageurs, bailleurs, gestionnaires de parcs d’activités tertiaires et commerciales, etc. Demain, chacun pourra devenir « consom’acteur » ou « consom’producteur », c’est-à-dire produire de l’électricité, la consommer et revendre le surplus sur le réseau électrique. À l’issue du projet, la contribution apportée par EDF en matière de production d’énergie, de fourniture et d’accompagnement des clients favorisera un déploiement rapide des services et des solutions qui auront été validés.
 
Quels bénéfices espérez-vous retirer, pour vos organisations respectives, de So Mel, So Connected ?
D. C. : Le fait de disposer d’un réseau électrique intelligent nous permettra de produire et de consommer de l’énergie localement, tout en assurant une qualité suffisante du système électrique pour les habitants, et cela, à un coût supportable. Les entreprises, quant à elles, bénéficieront d’un approvisionnement plus économique et de meilleure qualité, ce qui devrait avoir pour effet d’attirer les investisseurs.
M. P. : L’un des défis auxquels EDF est confrontée réside dans la définition de nouveaux modes de fonctionnement et d’échange entre les systèmes énergétiques centralisés et leurs équivalents décentralisés. L’équation s’enrichit encore si l’on y ajoute la question des nouveaux usages électriques. Sur tous ces points, So Mel, So Connected doit contribuer à l’émergence et à l’industrialisation de nouveaux modèles.
 
Les résultats obtenus pourront-ils être transposés dans d’autres environnements ?
M. P. : Cette ambition était affichée par l’État lors du lancement de l’appel à projets pour le développement des réseaux électriques intelligents. La MEL est actuellement le plus vaste territoire urbain en France qui soit dédié à un tel projet. S’y trouvent rassemblées des zones résidentielles, technologiques, tertiaires, commerciales et industrielles. Il y a là tous les ingrédients en lien avec le projet régional You and Grid pour contribuer à développer, y compris à l’international, le savoir-faire français en matière de smart grids.
D. C. : L’essor des réseaux intelligents est une formidable opportunité vers un développement plus durable, alliant économie, social et environnement. En ce sens, So Mel, So Connected s’affirme comme un projet d’intérêt général, dont les enjeux dépassent les frontières de la MEL !
 
DE NOUVEAUX USAGES TESTÉS SUR DIX-SEPT COMMUNES
Le 17 juillet 2015, la MEL et les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie – aujourd’hui Hauts-de-France – ont déposé le dossier You & Grid en réponse à l’appel à projets lancé par le gouvernement pour favoriser le développement des réseaux électriques intelligents. De même que les projets Flexgrid et Smile portés respectivement par les régions PACA et Bretagne – Pays-de-la-Loire, You & Grid a été désigné lauréat. So Mel, So Connected est son volet urbain. Il se déploie sur un périmètre intégrant 17 communes, 20 projets d’aménagement, 14 000 entreprises et plus de 200 000 habitants. Aux côtés de la MEL, coordinateur du projet, Enedis assure sa direction technique avec l’appui de partenaires industriels, dont EDF, mais aussi des partenaires académiques et des start-up.
Ce projet de 20 millions d’euros est soutenu par le Programme d’Investissement d’Avenir opéré par l’ADEME à hauteur de plus de 5 millions d’euros.
   

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