05 jan 2018

Cap sur le 100 % ENR en 2030 pour l’île de Sein

Au large du Finistère, la direction des Systèmes énergétiques insulaires d’EDF, chargée d’assurer la continuité du service public de l’électricité, est engagée aux côtés de la mairie, de l’association Les Îles du Ponant, de la région Bretagne et des acteurs locaux, dans l’ambition forte de transition énergétique de l’île : passer à 50 % d’énergies renouvelables dans la production électrique dès 2023, et à 100 % en 2030.

Moins de 2 km de long sur 30 à 500 mètres de large, une altitude moyenne autour de 2 mètres : l’île de Sein semble posée comme un radeau à 8 km de la pointe du Raz. Non connectée au réseau électrique du continent, l’île est alimentée par des groupes électrogènes.

Plus vite qu’ailleurs, les insulaires ont pris conscience des conséquences du changement climatique, notamment de la montée des eaux qui pourraient submerger ce bout de terre si rien ne change. Un constat environnemental qui motive la volonté d’une transition énergétique radicale.

Pour relever ce défi, plusieurs démarches ont été entreprises au travers d’actions de maîtrise des consommations : distribution de lampes LEDs, soutien de la rénovation de l’habitat et installation d’un éclairage public 100 % LED. L’implantation d’une éolienne de 250 kW, à l’étude depuis 2015, devrait se concrétiser et accélérer la transition énergétique, en couvrant 50 % des besoins d’électricité.

Un nouveau système de pilotage énergétique intelligent

Objectif : 50 % d’ENR en 2023, 100 % en 2030. Mais l’équation n’est pas simple. La population est ici aussi fluctuante que les marées : 120 habitants en hiver, jusqu’à 1 500 en été. Intermittents par définition, les moyens de production – photovoltaïque et éolien – devront alimenter des consommations elles aussi variables. 

Avec son expertise des microréseaux électriques, EDF SEI aide l’île de Sein à relever ce défi technique. Une architecture innovante, élaborée en collaboration avec la R&D d’EDF, permet de capter l’ensemble des productions d’énergies renouvelables et de les stocker pour ajuster la distribution à la demande et garantir la continuité d’alimentation.

Elle s’articule autour de deux innovations clés : le stockage électrochimique de l’énergie et le déploiement d’un centre de pilotage intelligent, développé avec EDF Store & Forecast, filiale d’EDF. Une première batterie lithiumion, capable de stocker l’électricité quelques heures, a été installée en juin. « Grâce à ce type de stockage, on atteindra au moins 50 % d’ENR d’ici à 2023 », explique Caroline Ducharme, chargée de mission Smart Grids.

Le logiciel d’optimisation énergétique (Energy Management System) analyse et pilote, en temps réel, la production d’énergies renouvelables, le stockage, l’effacement éventuel de charges et les groupes électrogènes. Ceux-ci, aujourd’hui encore base du système de production électrique local, ne serviront plus, à terme, que de moyens de secours. Les solutions de ce projet unique en France pourraient par la suite être appliquées à d’autres microgrids sur des îles ou des zones isolées.

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