28 sep 2017

Autoconsommation collective : Ouvrir la voie

Expérimenter différents modèles, rechercher les meilleures solutions techniques, faire ressortir les conditions de rentabilité économique… : le groupe EDF apporte son expertise pour accompagner la mise en place de projets d’autoconsommation collective. Tour d’horizon.
 
Depuis un an, les pouvoirs publics instaurent progressivement une nouvelle réglementation qui offre une perspective concrète pour les projets d’autoconsommation collective. Au sein d’une opération d’autoconsommation collective, un ou plusieurs producteurs et un ou plusieurs consommateurs finaux, dont les points de soutirage et d’injection sont situés en aval d’un même poste public de transformation, se regroupent au sein d’une personne morale pour organiser la fourniture d’électricité d’origine renouvelable, et notamment issue de panneaux photovoltaïques. « Les bénéfices escomptés sont de trois ordres, explique Christine Chapuis, directrice chargée de mission à la direction
Commerce d’EDF. D’abord, produire localement à partir d’énergies renouvelables et devenir ainsi acteur de la transition énergétique ; ensuite, diminuer la consommation d’électricité de complément facturée par le fournisseur ; enfin, se prémunir contre la hausse des prix de l’électricité sur la durée, à laquelle n’est pas sensible la partie autoconsommée. »
 

Des expérimentations avec les bailleurs sociaux

EDF est associée à une dizaine de projets en cours de développement. Ces pilotes sont menés en étroite collaboration avec les directions territoriales qui sont au contact des clients, avec les filiales opérationnelles du Groupe – en premier lieu EDF ENR Solaire – et en s’appuyant sur l’expertise de la R&D d’EDF. « Même si elle suscite beaucoup d’attentes, l’autoconsommation collective est un objet complètement neuf. Il convient donc d’expérimenter divers modèles pour voir s’ils peuvent être mis en œuvre de manière efficace, simple et peu coûteuse, pour ne pas obérer les gains attendus », souligne Christine Chapuis. Parmi les principaux projets, deux d’entre eux sont portés par des bailleurs sociaux. Le premier, situé dans le sud de la France, concerne des logements existants où le chauffage et l’eau chaude sanitaire font l’objet d’une alimentation électrique.
« Sur ce démonstrateur, nous allons tester un dispositif qui servira à piloter, de manière coordonnée, la recharge des ballons d’eau chaude dans chaque logement. Ce sera un moyen d’optimiser l’autoconsommation en cas d’excédent de production solaire, avec un réel gain pour le locataire », précise Christine Chapuis. La totalité de la production d’origine photovoltaïque devrait être autoconsommée, couvrant ainsi près d’un quart des besoins.
Impliquée sur la conception, EDF a réalisé les études de pré-design. Ce même type d’études est en cours de réalisation dans le cadre du second projet. Le bailleur social intervient, cette fois, dans un rôle de promoteur, puisque les logements qu’il va construire seront proposés en accès à la propriété. Ils devront répondre à des objectifs ambitieux de performance, correspondant à ce qui sera attendu dans la future réglementation environnementale (RE) 2018, que ce soit en termes de consommation au mètre carré ou de performance carbone. « Pour atteindre ces critères moyennant un coût global acceptable, l’idée est de combiner production photovoltaïque et usages électriques performants (ballons d’eau chaude thermodynamiques, radiateurs à accumulation…).
Le pilotage de ces usages en fonction de la production solaire permettra de valoriser au mieux une surface importante de panneaux solaires », confie Christine Chapuis. Toujours dans le domaine de la construction neuve, EDF travaille également aux côtés d’un promoteur privé qui aménage un éco-quartier mixant logements, commerces et bureaux.
Avec une cible d’environ 50 % des besoins en électricité couverts par la production photovoltaïque, le programme est très ambitieux.
 

L’équilibre production-consommation en question

Comment atteindre de tels résultats quand, en règle générale, le taux de couverture plafonne autour de 20 % ? Il faut tout d’abord installer une surface importante de modules PV, en la valorisant par une autoconsommation à près de 100 %. Ensuite, il faut tirer le meilleur parti possible de la complémentarité des profils de consommation. « Quand, en semaine, le soleil brille au cœur de l’après-midi, il n’est pas toujours évident d’absorber toute la production associée. Dans le cas de cet éco-quartier, l’activité dans les bureaux permettra de compenser les creux de la consommation résidentielle », observe Christine Chapuis. S’y ajoutera enfin un dispositif de batterie, grâce auquel il sera possible de stocker pendant les périodes excédentaires et de rendre disponible l’énergie stockée au moment où la demande est la plus forte.
Sur l’ensemble des projets initiés, l’entreprise se propose également d’accompagner les personnes morales qui devront être constituées pour concrétiser les opérations d’autoconsommation collective.
 
QUATRE BÂTIMENTS COMMUNAUX EN SYNERGIE
En zone rurale, EDF monte avec une commune et son syndicat d’électrification un projet permettant de l’aider à alimenter quatre bâtiments à usage collectif : deux locaux administratifs, une salle polyvalente et une cantine scolaire (qui a pour particularité de continuer à fonctionner en période estivale). L’examen des conditions de réalisation du projet fait apparaître un réel potentiel. Du fait de la vaste surface de son toit, la salle polyvalente se prêterait à l’installation de panneaux solaires. De plus, elle accueille du public le week-end, offrant ainsi un débouché à la production photovoltaïque à un moment où les autres bâtiments sont vides.
EDF et les parties prenantes de l’opération travaillent actuellement sur un protocole d’expérimentation.
   

Pour en savoir plus sur la transition énergétique :

   
Haut de page