08 oct 2014

Sauvegarder un emploi grâce aux économie d'énergie

La Cité de Clairvivre se mobilise pour les économies d’énergie. Christian Morel, directeur de l’Etablissement Public Départemental de Clairvivre à Salagnac (24), témoigne.

La gestion des ressources ne fait-elle pas partie de l’histoire de la Cité de Clairvivre ?

L’histoire explique le présent. Aujourd’hui Etablissement Public Département (EPD) d’action sociale, de rééducation professionnelle et d’aide par le travail gérant un important patrimoine privé (200 bâtiments sur 20 hectares)1, la Cité de Clairvivre est une « petite ville à la campagne » construite sur un modèle original d’urbanisme social né dans les années 302. Elle accueille aujourd’hui environ 900 personnes. Empreint d’humanisme, le projet d’origine était marqué par des idées proches du développement durable (bien avant la lettre) et cette culture est toujours très présente. La Cité produisait sa propre eau potable et nous continuons à le faire en utilisant les mêmes procédés, améliorés. Le chauffage était alimenté par un réseau de chaleur très innovant à l’époque. Depuis vingt-cinq ans, notre chaufferie fonctionne à la sciure de bois. A l’époque, Clairvivre produisait de l’électricité à partir de moteurs de bateau. Nous avons des panneaux solaires depuis vingt ans. Dès 2006, Clairvivre a adhéré au Club Développement Durable des Etablissements et Entreprises Publics3, la première structure de coordination pour le développement durable dans le secteur public. Notre objectif était d’identifier de nouvelles actions notamment en matière d’efficacité énergétique, mais il n’était pas facile de participer aux travaux du club en raison de notre éloignement géographique. Depuis quelques années, nous cherchons à faire toutes les économies possibles sur nos frais de fonctionnement pour compenser la baisse progressive des financements. Les opérations de sensibilisation aux économies d’énergie que nous a proposées EDF Collectivités en 2013 répondaient donc parfaitement à l’ensemble de nos préoccupations.

La première opération de sensibilisation aux économies d’énergie a-t-elle atteint les objectifs ?

La première opération de sensibilisation aux économies d’énergie s’est déroulée de janvier à mars 2014 et une seconde est prévue en 2015. Plus de 300 personnes, représentant environ la moitié des personnels, stagiaires et résidants présents sur le site, ont participé aux deux journées d’information/formation aux éco-gestes organisées par EDF Collectivités. Le principe de l’opération consiste à enregistrer les consommations d’électricité avant et après la sensibilisation afin de mesurer l’impact du changement de comportement.

Le parc immobilier étant très étendu, nous avons décidé d’installer les enregistreurs sur un seul bâtiment représentatif de toutes les typologies de consommation d’électricité, par les résidants comme par les personnels. Le Grand Hôtel comprend des cuisines, sept étages d’hébergement et un étage de bureaux. Nous avons fixé un objectif de 10 % d’économies d’énergie et clairement affiché l’enjeu lors des journées de sensibilisation : 30 000 euros économisés sur l’année à l’échelle de la Cité pouvaient nous permettre de sauvegarder un emploi qualifié. Tout le monde a répondu présent. L’objectif a été pleinement atteint, puisque nous avons fait 10,2 % d’économies d’énergie, avec des « pointes » à 14 %. Pour entretenir la mobilisation, nous avons rappelé les objectifs de l’opération, puis diffusé les résultats par messagerie interne, en joignant une fiche d’information à la feuille de salaire mensuelle et par voie d’affichage. Nous avons tous pris conscience du fait qu’un simple changement de comportement, comme appuyer sur un bouton quand on quitte une pièce, peut avoir un impact énorme à la fin de l’année. Une réflexion plus approfondie autour des résultats de l’opération, que nous pourrons mener avec EDF Collectivités, nous permettra d’identifier de nouvelles pistes de progrès en matière de changement de comportement des usagers, mais aussi de travaux portant sur l’efficacité énergétique. Nous avons déjà commencé à modifier l’éclairage des couloirs, par exemple.

Votre avis sur EDF Collectivités ?

Nous avons d’abord été surpris par le fait qu’EDF nous propose une prestation dont le but est de faire baisser la facture. Au fur et à mesure des contacts et des visites, nous nous sommes aperçu du sérieux de la démarche. Il s’agissait d’une opération de grande ampleur et notre interlocuteur commercial s’est montré à la fois très pédagogue et très présent auprès de Clairvivre non seulement pour la mener à bien, mais pour aussi pour en assurer le suivi. Les relations sont de plus en plus anonymes dans beaucoup d’entreprises et nous apprécions beaucoup ces contacts personnalisés avec EDF Collectivités. Nous avons senti qu’EDF Collectivités s’était mobilisé pour Clairvivre et avait décidé de nous accompagner dans la durée.

1 L’Etablissement Public Départemental (EPD) de Clairvivre comprend un Etablissement ou Service d’Aide par le Travail (200 travailleurs, des ateliers notamment agricoles - Clairvivre possédant une ferme de 150 hectares), un Foyer d’Hébergement avec locaux adaptés en fonction de l’autonomie des travailleurs, un Centre de Rééducation Professionnelle (une vingtaine de formations pour 230 stagiaires venant de France entière) et un Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés. Dans le cadre de sa mission de gestion du patrimoine privé d’un établissement public, l’EPD loue ses appartements et locaux aux particuliers comme aux professionnels (poste, coiffeur, superette,…). Il gère également un service d’hôtellerie ouvert à tous avec hôtel, bar, restaurant, ainsi qu’un village de gites ruraux.

2 Après la première guerre mondiale, les associations d’anciens combattants victimes de gaz de combat et de tuberculeux portèrent et firent adopter par le Parlement le projet de la création en Dordogne d’une cité sanitaire dans le but d’héberger ces malades et leurs familles, de les soigner et de les former. Conçue par les architectes Pierre Forestier (disciple de Le Corbusier) et Clément Laval, La Cité de Clairvivre a ouvert ses portes dans les années 30. A l’aube de la seconde guerre mondiale, elle a accueilli les réfugiés espagnols. En 1941, le repli de la faculté de médecine de Strasbourg sur Clairvivre a permis de continuer à soigner résidants et populations alentour. La Cité est devenue un important lieu de refuge pour la Résistance. Dans les années 1980, Clairvivre est devenu un Etablissement Public Départemental. Elle est classée « Patrimoine architectural du XXème siècle » depuis 2011.

3 Animé par le Commissariat général au développement durable, le Club Développement Durable des Etablissements et Entreprises Publics a pour ambition de donner envie de « faire » et d’accélérer les démarches par le partage de bonnes pratiques. Son action s’inscrit dans les engagements du Grenelle de l’environnement visant l’exemplarité des pouvoirs publics.
http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Le-club-developpement-durable-des-.html

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