21 juil 2017

Réussir la transition énergétique dans le logement social

Réduire les consommations des logements est un enjeu de la transition énergétique particulièrement complexe dans l’habitat social. Comment EDF et ses filiales sont-elles en mesure d’accompagner les bailleurs dans ce domaine? Éléments de réponse avec Yves Laffoucrière, directeur général du groupe 3F, et Henri Lafontaine, directeur exécutif en charge du pôle clients, services et action régionale du groupe EDF.

La transition énergétique pose-t-elle des défis spécifiques dans le logement social ?

Yves Laffoucrière : Oui, notre défi majeur est de concevoir des logements à haute performance énergétique et d’introduire des énergies renouvelables innovantes, tout en accentuant le volume de production et de réhabilitation de logements à des coûts maîtrisés. C’est aussi de faire progresser l’ensemble de la chaîne, du maître d’ouvrage au mainteneur, en intégrant entreprises et maîtres d’œuvre, afin de maîtriser les nouvelles technologies mises en place.



Quels enjeux EDF et les bailleurs sociaux partagent-ils?


Henri Lafontaine :
Depuis des années, le Groupe s’est engagé aux côtés de l’ensemble des acteurs de la solidarité pour lutter contre la précarité énergétique avec la mise en place d’actions de prévention et d’accompagnement, qui visent à préserver le cadre de vie des personnes dans des situations complexes. In fine, il s’agit de servir l’intérêt général. Au-delà de cette lutte contre la précarité énergétique, EDF partage avec les bailleurs sociaux l’enjeu beaucoup plus large des transitions énergétiques et numé- riques. La première révolutionne le monde industriel et les habitudes de consommation. La seconde, par le développement des objets connectés et des réseaux intelligents, permet aux utilisateurs d’être acteurs de leur consommation.
La qualité d’un logement est l’un des leviers essentiels de maîtrise de sa consommation.
Henri Lafontaine

Quelles sont les ambitions de 3F en matière de bilan carbone et de réduction des gaz à effet de serre?

Y. L. : Notre engagement pour le développement durable s’appuie sur plusieurs leviers. En construction neuve, tout d’abord, nous allons au-delà de la réglementation thermique RT 2 012 avec - 20 % au minimum pour nos projets en maîtrise d’ouvrage directe. Nous développons de plus en plus de projets de bâtiments à énergie positive (BEPOS), ainsi que des projets permettant d’expérimenter la future réglementation qui prend en compte l’impact des gaz à effet de serre et l’analyse du cycle de vie. Le deuxième levier, c’est la réhabilitation. Après y avoir consacré près de 1 milliard d’euros de 2010 à 2016, notre Groupe va investir 1,5 milliard d’euros d’ici à 2022 dans la réhabilitation de plus d’un logement sur cinq de notre parc, soit 50000 logements. Il s’agit d’éliminer toutes les étiquettes de classe énergétique E, F et G de notre patrimoine pour viser le niveau C. Le chauffage électrique sera ainsi développé et l’usage d’énergies renouvelables – principalement solaire thermique et photovoltaïque – systématisé dans ces programmes. Troisième axe : le développement du smart building avec, à la clé, la réduction de l’empreinte écologique de notre parc et des charges des locataires. Des bâtiments équipés d’objets connectés communiquant avec les locataires, le bailleur, l’exploitant, mais aussi avec les autres bâtiments et la ville, permettront de rationaliser l’utilisation de l’énergie, de rendre plus efficients les comportements et de mieux piloter nos équipements et nos exploitants. Premier bailleur social à rejoindre la Smart Building Alliance, 3F enclenche la révolution numé- rique dans le parc social, avec les partenaires de cette association

Comment EDF peut-elle répondre aux besoins des bailleurs sociaux dans la mise en œuvre de leurs objectifs en matière de transition énergétique?

H. L. : Les pouvoirs publics prévoient une diminution de plus de 85 % des émissions de gaz à effet de serre du parc de logements français à l’horizon 2050. L’ambition est atteignable si tous les acteurs considèrent les solutions électriques comme performantes du point de vue économique et environnemental. Travailler avec les bailleurs sociaux à l’amélioration du parc de chauffage électrique existant et au développement d’usages performants de l’électricité, en substitution aux énergies fossiles, c’est apporter confort et économies aux locataires. Quant au smart building, son développement engendrera progressivement de nouveaux modes de consommation, de partage individuel et collectif. EDF propose une gamme de services permettant, d’une part, via les objets connectés, de suivre et d’aider nos clients à mieux maîtriser leur consommation, et, d’autre part, d’accompagner des projets d’autoconsommation.

Y. L. : Nous partageons des réflexions et un périmètre d’expérimentations avec EDF, qui peut nous apporter son expertise sur de nombreux sujets, comme l’insertion des énergies renouvelables et la récupération des énergies dans les projets de réhabilitation, les solutions de chauffage électrique performantes et intelligentes – comparativement à d’autres énergies –, ou encore l’impact des réhabilitations sur la consommation et le poids des différents usages de l’énergie dans la facture du locataire : L’autoconsommation, la mobilité électrique font aussi partie de préoccupations communes. Enfin, 3F est déjà fortement engagé dans l’information et la sensibilisation des locataires, mais EDF peut, par exemple, nous apporter son expérience pour faire de la pédagogie sur les nouveaux outils.
 

En quoi l’autoconsommation et la mobilité électrique intéressent-elles un bailleur social ?

Y. L. : L’autoconsommation est un champ nouveau, en pleine évolution, générateur d’économies fortes pour les locataires. Nous souhaitons déployer les différentes formes d’autoconsommation, individuelle et collective, c’est-à-dire le fait de consommer l’électricité produite par les bâtiments euxmêmes. Par exemple, injecter l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques dans les logements, ou bien transférer le surplus d’électricité produite dans les bâtiments voisins. Pour la mobilité électrique, il s’agit d’encourager des solutions de recharge de véhicules électriques selon différentes configurations de bâtiments. La voiture peut fortement grever le pouvoir d’achat de nos locataires. Elle est de moins en moins vue comme un bien individuel et son partage à l’échelle d’un quartier peut être une forme d’usage innovante et économe. Dans le logement social, la très bonne politique des loyers conduit à aider nos locataires à maîtriser les charges (chauffage, eau chaude sanitaire, etc.) et dans le domaine de la mobilité, nos locataires peuvent avoir des coûts de déplacement du même ordre que les coûts du logement, les aider à réduire les dépenses d’énergie liées à la mobilité est un vrai enjeu.
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