09 juil 2015

Fin des TRV : le compte à rebours a commencé !

Au 31 décembre 2015, les Tarifs Réglementés de Vente disparaissent. Les conseils d’Eric Gasparotto, directeur des ventes d’énergie d’EDF Collectivités, à six mois de cette importante échéance.

Les clients d’EDF actuellement au tarif Jaune et Vert, s’apprêtent à basculer en offre de marché. Quels conseils donneriez-vous maintenant à ceux qui n’ont encore entamé aucune démarche ?

Je les invite à engager rapidement un appel d’offre sous forme d’accord-cadre et de marché subséquent pour pallier la volatilité des prix de l’énergie et ainsi obtenir la meilleure offre. Les collectivités doivent néanmoins prendre le temps de bien définir leurs besoins et réfléchir à l’opportunité d’intégrer des éléments techniques à leur cahier des charges. Modalités de paiement, services de suivi et de pilotage des consommations, profondeur de la relation-client, etc. Autant de critères qui leur permettront de pondérer le prix en mettant en regard leurs propres besoins et la qualité des prestations associées à la fourniture d’énergie de chaque fournisseur.

De nombreux clients sont ou vont être tentés par la « moins-disance », le prix est-il le principal levier de négociation ?

Le prix est important mais ne doit pas être le seul critère de choix ! Opter pour l’offre la moins-disante, c’est prendre le risque de se retrouver confronté à l’absence de services ou à des services a minima qu’il faudra que le client développe en interne. Une collectivité qui n’aura pas intégré de services de gestion et de facturation à son contrat de fourniture d’énergie, se verra contrainte d’y affecter un technicien. Or, ce coût en ressource humaine dépassera largement ce qu’elle aurait payé en l’intégrant dès le départ dans ses besoins. Attention à certaines formules de prix qui s’adossent trop directement au marché de l’électricité ! Elles n’offrent pas de couverture de risques suffisante en cas d’évolution du marché à la hausse. Il existe des alternatives comme les formules à prix fixe, ou encore le prix indexé sur l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique, indice fixé par les pouvoirs publics). Chaque collectivité doit mesurer et prévoir, dans son cahier des charges, son besoin de couverture de risque sur le prix (c’est une assurance sur le futur). C’est, pour elle, la garantie d’un environnement maîtrisé et pour ses administrés, qu’ils ne subiront pas de fortes hausses de taxes.

90 % des Collectivités Locales sont aujourd’hui engagées dans des procédures d’appels d’offre. Leurs craintes d’un engorgement du côté des fournisseurs et d’un avantage donné aux plus gros volumes sont-elles justifiées ?

L’univers énergétique est complexe, a fortiori pour un client jusqu’à présent soumis aux TRV qui ne s’était jamais posé ces questions. L’une des raisons de cette complexité tient au fait que l’électricité ne peut être stockée. Les marchés sont volatiles. Or, si vous analysez la composition d’une facture énergétique, vous constaterez qu’une part importante n’est pas mise en concurrence. Elle correspond au coût d’acheminement de l’électricité et aux taxes. La mise en concurrence ne concerne ainsi réellement que 30 à 40 % de la facture totale. Lorsque le client organise sa consultation, les économies qu’il peut escompter ne porteront donc que sur 30 à 40 % de sa facture. Alors qu’en consommant mieux et moins grâce aux services de gestion et de facturation, le client économise sur la partie fourniture mise en concurrence, et également sur la partie acheminement (TURPE : Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité), comme sur les taxes. In fine, ce client agit sur 100 % de sa facture. L’effet de levier de la baisse de la consommation est donc bien supérieur à celui de la baisse du prix de l’énergie ! 1 % d’économie sur la consommation entraîne 1 % de baisse de la facture. Là où une économie de 1 % sur la part fourniture d’énergie, ne permet en réalité qu’un gain de 0,3 % à 0,4 %. L’effet de levier de la baisse de la consommation est supérieur à celui de la baisse du prix de l’énergie !

La facture énergétique ne dépend donc pas uniquement du tarif obtenu…

Elle correspond à un prix de l’électron et à un profil qui varie selon les heures de la journée, les jours de la semaine, la température extérieure, etc. Si vous achetez le seul électron, que vous n’êtes pas accompagné, que vous n’avez pas d’outil de suivi de votre consommation et de vos factures, la maîtrise de l’équation économique : un volume multiplié par un prix, est très difficile ! Vous n’agissez que sur le prix et vous ne serez pas enclin à améliorer votre profil de consommation, c’est-à-dire à travailler sur la maîtrise de la demande d’électricité, donc votre volume d’énergie consommé. Au moment de renégocier votre contrat, dans deux ou trois ans, si les prix du marché de l’électricité , augmentent, vous allez vous retrouver de facto avec une augmentation de votre facture proportionnelle à l’augmentation du prix. Alors qu’en réduisant votre consommation de par exemple de 10 %, vous réduirez d’autant la totalité de votre facture énergétique. Il est possible de maîtriser sa consommation, là où il n’est pas possible de maîtriser le prix de l’énergie par définition volatile et dépendant d’un marché lié à plus ou moins de tensions, en fonction des mois de l’année.

Au delà d’un prix compétitif, quels services les collectivités peuvent-elles attendre d’Edf ?

Les atouts d’Edf sont multiples. Je citerais la qualité de maîtrise du basculement des sites en offres de marché, avec notamment l’optimisation du TURPE qui, de fait, permet au client des gains supplémentaires. Nous sommes particulièrement attentifs à la qualité de la relation-client. Notre réseau permet aux clients d’obtenir une réponse rapide et une grande accessibilité téléphonique. Les processus sous assurance qualité garantissent un traitement de toutes leurs demandes dans des délais réduits. Nos systèmes informatiques aguerris au traitement de millions de factures est une assurance pour les clients notamment dans leurs traitements comptables. Enfin, nous avons mis au point des services de maîtrise et de pilotage de la consommation très performants et innovants.

Vous considérez donc la libéralisation du marché de l’énergie comme une opportunité de changer de mode de consommation…

La fin des TRV est en effet une formidable opportunité de réfléchir et d’exprimer ses besoins énergétiques, en fonction de ses sites, de ses ambitions en terme de transition énergétique, etc. Les collectivités locales qui focalisent sur cette échéance réglementaire doivent regarder plus loin et dessiner leur propre avenir énergétique qui n’est pas celui de la commune voisine. Le besoin d’un Conseil général qui gère des collèges diffère forcément de celui d’un aéroport ou même d’un Conseil général situé non pas au Nord mais au Sud de la France et dont les objectifs de transition énergétique seraient différents. Fixez -votre ambition énergétique ! Votre consultation est l’occasion de définir vos besoins propres, le fournisseur d’énergie retenu est là pour vous accompagner sur le chemin de votre avenir énergétique et cela passe par la « mieux-disance » !

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