05 avr 2017

Dalkia Biogaz : Du biométhane pour des territoires plus autonomes

Unité de valorisation énergétique de Marseille Provence Métropole construite et exploitée par la société La Crau Energies Vertes (détenue à 95% par Verdesis, filiale de Dalkia, et à 5% par GRS Valtech

Pionnier sur le marché du biogaz, VERDESIS rejoint en 2015 Dalkia, filiale du groupe EDF. Aujourd’hui rebaptisée « Dalkia biogaz », l’entreprise apporte son savoir-faire et son expertise technique pointue aux collectivités locales désireuses de valoriser leurs déchets. Entretien avec Gaël Pourret, son directeur commercial.

Dalkia Biogaz : les déchets des collectivités deviennent source d’énergie

Tout d’abord, qu’est-ce que le biogaz ?

Le biogaz est un gaz issu du recyclage des déchets organiques. Il est riche en méthane et résulte d’un processus naturel de fermentation biologique : la méthanisation ou digestion anaérobie, ce qui est plutôt atypique.

Quels sont ses avantages pour les collectivités?

La méthanisation offre aux collectivités un nouvel exutoire pour leurs déchets organiques, une énergie renouvelable et un moyen de réduire l’empreinte carbone de leurs déchets. Ces mêmes déchets, laissés se dégrader à l’air libre, produisent du méthane vingt-cinq fois plus polluant que le CO2 ! La filière biogaz permet à la fois de valoriser l’énergie de ce méthane et d’en transformer par méthanisation ces déchets en amendement agronomique. Historiquement, les déchets collectifs (boues des stations d’épuration, déchets verts, déchets de restauration, etc.) partaient soit en incinération soit en enfouissement et pour les meilleurs d’entre eux en épandage. Basculer de ces process vers une étape qui produit de l’énergie permet dans les deux premiers cas de transformer une solution de traitement utile en une solution de valorisation double et dans le dernier cas de rajouter une maille qui est celle de la valorisation énergétique.

 

La filière biogaz présente par ailleurs l’avantage d’être en circuit court… 

En effet, ces process reposent sur des volumétries élevées qui ne supportent pas une logistique importante. Le rayon de chalandise des déchets et des coproduits à méthaniser se situe au niveau d’un territoire. En général, les déchets rayonnent sur une distance comprise entre 10 et 100 km. On peut donc parler de filière courte.

Dalkia biogaz offre un suivi personnalisé pour chaque collectivité

Pouvez-vous citer quelques exemples de projets portés par des collectivités?

Plusieurs agglomérations ou collectivités locales souhaitent réaliser des projets de méthanisation territoriale* ou en lien avec leur station d’épuration. Par exemple, l’agglomération de Tour(s) Plus a mis en service avec Dalkia Biogaz fin 2016 l’unité d’épuration et d’injection du biométhane issue du traitement des eaux usées. Dalkia Biogaz participe également à définir avec elles les contours des projets territoriaux à l’image de leur tissu agricole et industriel. Nous exploitons par ailleurs une unité de ce type à Auch (Gers) qui traite environ 40 000 tonnes de déchets en provenance de tout le département : les boues de la station d’épuration, des abattoirs, du fumier, du lisier des agriculteurs et un peu de déchets de l’industrie alimentaire de toute la région.

Comment accompagnez-vous ces collectivités dans leur projet de méthanisation ?

Il s’agit de réussir avec la collectivité à définir la taille qui va permettre de rendre l’outil performant et rentable. Aujourd’hui, toutes les collectivités n’ont pas les surfaces suffisantes pour lancer de tels projets. Elles ont donc besoin de bien comprendre les équilibres économiques d’un projet de méthanisation. Exemple : nous sommes en discussion avec des agglomérations rurales ou urbaines, en Lorraine, en Bourgogne ou dans le Limousin, qui possèdent des besoins et gisements intéressants. Nous pouvons aussi nous appuyer sur des partenaires complémentaires, typiquement des coopératives agricoles ou industriels agro-alimentaires très fortement contributeurs. Pour les agglomérations urbaines, ce sont plus les déchets de la collectivité et moins les déchets industriels. Nous recherchons la taille critique et en général il faut environ 30 à 40 000 tonnes de déchets. Cela représente les déchets d’une ville de 100 000 habitants avec un peu de tissu industriel ou agricole.

Le biogaz : une filière d’avenir pour les collectivités

Comment les collectivités peuvent-elles valoriser leur biogaz ?

Le projet doit être économiquement autonome en vendant l’énergie qu’il va produire. Une fois le biogaz produit, il y a deux possibilités pour le valoriser : soit vous le mettez dans un moteur, c’est la cogénération – la grande spécialité de Dalkia - soit vous l’épurez chimiquement ou mécaniquement pour le transformer en un gaz équivalent au gaz naturel (en utilisant d’autres équipements) que vous injectez dans le réseau de gaz de ville. C’est une énergie qui coûte plus cher que le gaz de ville mais l’État soutient son développement. Là encore, EDF et Dalkia sont des acteurs incontournables puisqu’ils peuvent valoriser le gaz produit et épuré par Dalkia Biogaz auprès des utilisateurs publics ou privés qui souhaitent décarboner leur consommation énergétique.

En conclusion, les intérêts de la méthanisation sont nombreux…

Ultra vertueux puisqu’on est sur de l’économie circulaire complète, le biogaz va transformer un déchet en énergie et en engrais. Le sous-produit de la digestion – le digestat - va être utilisé en agronomie. On est vraiment dans un circuit en boucle fermée et au passage on a produit de l’énergie. Énergie qui, en plus, va alimenter le réseau en gaz renouvelable. Troisième avantage : au niveau de la politique nationale énergétique, la France est autonome pour la production d’électricité mais elle a des ressources limitées en gaz. Développer le biométhane c’est améliorer l’autonomie énergétique du pays et des territoires en particulier.

Découvrir l’exemple de l’usine de valorisation de déchets, ECOCEA

Lire La Lettre EDF Collectivités N°12
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