06 avr 2016

Témoignage d'Yves Chevillon sur "L’intelligence énergétique est en régions"

Le 1er mars dernier, l’Observatoire Energie d’Entreprises a fait escale à Dijon. Objectif : décrypter l’impact de la stratégie énergétique de la Communauté Urbaine du Grand Dijon sur sa dynamique économique. Yves Chevillon Directeur Commerce EDF pour la Région Est en a tiré des enseignements pour d’autres régions. Interview.

Comment expliquez-vous le dynamisme économique de Communauté Urbaine du Grand Dijon, dont l’atelier de l’Observatoire vient de se faire l’écho ?

La décentralisation énergétique permet aux régions et aux collectivités de devenir actrices de leur destin. La Communauté Urbaine du Grand Dijon a su se saisir de cette opportunité pour élaborer une stratégie énergétique adaptée aux caractéristiques de son territoire en partant de ses problématiques et de ses besoins propres. Elle a fait preuve d’un autre bon réflexe : s’entourer de partenaires énergéticiens pour l’accompagner dans sa démarche. Il y a donc eu au niveau énergétique une impulsion marquée par la coopération, via notamment un accord-cadre signé entre EDF et le Grand Dijon. Cela a créé une dynamique vertueuse dans la mobilisation de toutes les énergies. Les différents acteurs ont appris à se connaître et à fonctionner ensemble. Un pareil contexte envoie aux entreprises un signal de confiance.

En quoi le Grand Dijon pourrait être source d’inspiration ? 

Ce qu’il y a de reproductible dans l’exemple du Grand Dijon, c’est la démarche. Pas la solution. Car il y a autant de solutions qu’il y a de cas de figure. Il ne s’agit donc pas de chercher à appliquer un modèle qui fait ses preuves sur un territoire à un autre territoire.
En revanche, la démarche qui amène la collectivité à choisir la solution énergétique la plus adaptée à ses caractéristiques est, elle, reproductible. Le préalable pour un territoire est donc d’identifier son potentiel énergétique local. C’est à partir de là qu’il pourra construire une stratégie. Je viens de remettre une distinction à une commune de 6700 habitants située en Côte d’Or, qui est constituée pour moitié de forêts. Cette commune a mis en place une filière locale d’exploitation de plaquettes de chaufferies et a installé neuf chaufferies bois exploitant sa spécificité locale. C’est un exemple. Le territoire national est maillé de territoires qui possèdent des richesses particulières. Il leur appartient de les comprendre et de les transformer en opportunités de développement. Ce qu’il y a de reproductible aussi dans l’exemple du Grand Dijon,  c’est la coopération entre les acteurs, collectivités et énergéticiens.

Quels enseignements tirez-vous de l’exemple du Grand Dijon ? 

L’exemple du Grand Dijon apporte la preuve que les systèmes énergétiques ne doivent pas s’opposer. Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour faire coexister différents systèmes : les systèmes génériques globaux tels que nous en faisons fonctionner, nous, les énergéticiens historiques et les systèmes locaux. Ces systèmes peuvent même se soutenir. Il suffit de trouver le bon chemin de coopération et de confiance réciproques. Nous avons par exemple installé dans des bâtiments du Grand Dijon des cubes qui mesurent l’hydrométrie et la température en temps réel, ce qui permet de mettre en place un pilotage énergétique plus fin et mieux adapté aux usages. Nous avons cherché à développer un système énergétique qui prenne en compte la précarité énergétique d’une partie de la population, d’où le réseau de chaleur qui fonctionne en partie avec de la récupération d’énergie fatale. Pour résumer, je dirais que la réussite du Grand Dijon repose sur la juxtaposition de deux visions : une vision globale prenant en compte toutes les problématiques du territoire et une vision locale sur ressources spécifiques.
 
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